Ben Mazué a 30 ans, les yeux bleus et les cheveux orange. Dans la classe, à l’école, c’est lui qu’on regardait. Ben a compris très vite le sens de l’expression « être différent », et à travers ce détail physique l’obligation d’affirmer sa singularité.

Une singularité qui passe par le besoin de dire non à quelque chose. Non à un destin tout tracé.

Ben Mazué est né en Provence dans une famille qui a le goût du voyage. Dès l’âge de 10 ans fraichement débarqué à Paris, il fera de cette ville sa maison. Il voyagera aux quatre coins du monde : Niger, Amérique du Sud, Etats Unis, Madagascar, La Réunion, mais Ben se sent profondément sédentaire et au contraire de cette famille nomade, reviendra toujours dans cette ville dont il est tombé amoureux.
Sa famille partie, Ben choisit de ne pas la suivre, et reste seul à Paris : «  Ce n’est pas moi qui suis parti, ce sont mes parents qui m’ont quitté. »
C’est par les lettres reçues, nées de cet éloignement, que lui est venu le goût de l’écriture. Sa plume s’est aiguisée aux émotions échangées, et à la nécessité de la justesse des mots.
Il trouvera cette justesse en chanson à l’écoute d’Alain Souchon, Renaud, Jacques Brel. Les pieds dans le béton, son envie de bouger lui viendra du rap, expression directe, mais aussi de l’Afrique et de la soul : « Tout est lié, c’est grâce à la musique urbaine, le hip hop et le jazz que la musique africaine est entrée dans la chanson française. »

Ces mots en musique et cette musique des mots, lui feront sortir ses doutes, ses contradictions, ses regrets, son besoin d’amour, et son extrême sensibilité.
Chanteur d’une grande précision, par sa voix, ses mots, et son interprétation, Ben Mazué fera la route guitare en main. C’est par le bouche à oreille grandissant et sa faculté à rendre le public tendre, attentif et rêveur, que Ben participera au concours Paris Jeunes Talents, et sera sélectionné par Le Fair, le conduisant tout droit au Chantier des Francos, et sur la grande scène des Francofolies de La Rochelle à l’été 2010. Avant cela il aura assuré les premières parties de Tété, Anis, et Hocus Pocus.

Ben se raconte dès la première chanson « Case départ », où il faudra cependant lire entre les lignes. Et puis plus loin également, dans «  Lâcher prise » une longue plaidoirie sans refrain, sur le doute quant à sa vocation. Dans « Mes monuments », chanson point de repère de sa vie de citadin, Ben raconte ses amitiés forgées de longues dates, solides, malgré le temps qui passe et qui bouffe tout. Amitiés toutes aussi monumentales que les monuments de Paris. Dans « Papa », il se projette sur l’avenir…
Il y a aussi des chansons d’amour et d’amoureux, en français et en anglais, avec « C’est léger » en duo avec Pauline Croze, et « Follow », ainsi que des appels à l’amour physique et à la danse avec « Feelin’ high ».

Ben aime les gens, et il les regarde, avec sensibilité. Ainsi naîtra «  La valse », chanson dans laquelle il fustige les gagneurs et fait l’éloge de la fragilité, et de tous ceux qui se plantent, ainsi que « L’homme modeste » pour ceux qui ne se plaignent jamais.

Pour son premier album, Ben a trouvé le catalyseur de ses émotions : Régis Ceccarelli, arrangeur et réalisateur, qui a aussi joué les batteries et percussions. Avec la complicité de Jean Pierre Sluys aux manettes, Régis a mis en hip hop, trip hop, soul music, les chansons émouvantes et charnelles de Ben. Autour d’une rythmique solide et d’une efficace section de cuivres, il a confié les arrangements de cordes à Bernard Arcadio. On retrouve les guitares de Clément Simounet, ami de toujours et compagnon de route de Ben Mazué.
Il ne fait aucun doute que cet album est autobiographique, presque narcissique à force de cultiver sa différence, mais s’occuper de soi c’est s’occuper des autres, faire don de son histoire n’est pas rien.

Et c’est tout un art d’arriver à « transformer des mots en larmes, des phrases en armes. »